oct 142012
 

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En plein milieu de la recherche d’un acte de mariage pour un autre billet à venir (parlant également de généalogie), je suis tombé sur un acte étonnant consacré à la nomination d’une nouvelle sage-femme dans le village.

Brève histoire de la Sage-Femme à travers les ages

Sage-Femme, quel beau métier et surement un des plus importants et des plus anciens du monde. On releve en effet déjà des corporations de sage-femme en Egypte autour de 1230 av JC.

En Grèce antique, les sages-femmes, sous le patronage de la déesse Artémis, sont des femmes respectées et consultées bien avant l’accouchement pour proposer les meilleurs mariages afin de « produire les beaux citoyens dont la Grèce a besoin ».

La Bible fait également un portrait flatteur et plein de savoir faire de la sage-femme hébraïque. Dans la Rome antique c’est la déesse Lucine forme de Junon qui est invoquée lors des accouchements. La sage-femme romaine dite « Medica ou Maïa »  crée également une corporation dans laquelle seront intégrées des sages-femmes grecques.

Dés le moyen age c’est le retour de la barbarie dans nos contrées et la médecine et l’obstétrique suivent la même règle que le reste, toutefois on pense qu’il subsistait dans les villes une corporation, la sage-femme est alors nommée « Matrone Jurée ». Dans les campagnes, la vie est une lutte quotidienne et la mort d’une femme ou d’un enfant est alors acceptée comme l’expression de la volonté divine.

Creatrice de la première école de Sage-femme

 

C’est alors qu’en 1757 une sage-femme devenue célèbre pousse un cri d’alarme et va créer la première école de Sage-Femme. Angélique Marguerite le Boursier du Coudray est née en 1714 à Clermont Ferrand. Après avoir été sage-femme à Paris, elle retourne en auvergne et commence à donner des cours aux matrones, elle ira jusqu’à écrire un manuel et créer une machine de démonstration. Disposant d’un brevet royal, elle fera le tour de France pour expliquer sa science et ce pendant 25 ans jusqu’en 1783. On estime qu’elle aura formé plus de 5000 femmes et chirurgiens.

Elle parlait ainsi de la méthode de communication avec la parturiente : « En attendant le moment de délivrer la femme, on doit la consoler le plus affectueusement possible : son état douloureux y engage ; mais il faut le faire avec une air de gaieté qui ne lui inspire aucune crainte de danger. Il faut éviter tous les chuchotements à l’oreille, qui ne pourraient que l’inquiéter et lui faire craindre des suites fâcheuses. On doit lui parler de Dieu et l’engager à le remercier de l’avoir mise hors de péril. Si elle recourt à des reliques, il faut lui représenter qu’elles seront tout aussi efficaces sur le lit voisin qui si on les posait sur elle-même, ce qui pourrait la gêner… »

 

Il n’est pas dit si Marie Marguerite Cagnard, Sage-Femme diplômée en 1780 à Amiens dans la Somme fut formée lors de la tournée de Mme du Coudray, mais en tout cas le village a mis le paquet pour communiquer sur sa réussite.

Ci dessous l’image du texte ainsi que la transcription que j’en ai faite en espérant n’avoir pas trop commis d’erreur.

Nomination Sage-Femme

 

Transcription :

L’an mil sept cent quatre vingt le dimanche vingt cinquième du mois de juin, au sortir de la messe paroissiale, le peuple restant dans l’église, Suivant l’annonce que nous en avions faite au prône, nous avons lu à haute et intelligible voix le certificat de Mr Charles François Alexandre Legrand docteur en médecine de l’université de Montpellier, membre du collège royal d’Amiens, professeur de chirurgie et de l’art des accouchemens, Signé de lui et de messieurs gentil, denamps, et d’Hervilly tous trois docteurs en médecine, membres dudit Collège royal d’amiens et contresigné de mr Maugendre Subdélégué général de l’intendance d’amiens par lequel il conste que Marie Marguerite Cagnard âgée de 35 ans femme de Jean Jacques Watel fabriquant de bas, nos paroissiens a assisté assidûment au cours public de l’art des accouchemens fait à Amiens pendant les mois de Mai et Juin de cette année, que dans l’examen public fait en présence de messieurs les officiers municipaux de la dite ville et autres assistants, tant sur la théorie que sur la pratique des accouchemens, elle a répondu conformément à ce qu’on lui a enseigné, et qu’elle a pratiqué avec habileté et intelligence le manuel des accouchemens, pourquoi ces messieurs la jugent d’être capable d’être Sage Femme. En conséquence, de l’avis unanime des paroissiens, nous avons reçu ladite Marie Marguerite Cagnard Sage Femme de la dite paroisse et lui avons fait prêter sur les Saints Evangiles, le Serment marqué dans le rituel de ce diocèse. Fait audit Marcelcave les jours et an susdits en présence de mrs Alexandre domice Vasseur vicaire et Honoré Senechal clerc laïc, que nous avons pris pour témoins, et de tous les paroissiens assemblés.

Signature de Honoré Sénéchal, Vasseur et Carbon prieur frère de marcelcave.

Sources :

Site de l’ordre des sages-femmes.

Portraits de Médecins : Angélique de Courday

La sage femme ou Matrones sur coutumes et traditions.fr

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  3 réponses sur “Sage-Femme : Remise publique de diplome en 1780”

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