Avr 152013
 

La sixième ile CouvertureNouvelle critique grâce à Babélio et son opération Masse Critique : La sixième ile de Daniel Chavarria aux éditions Rivages / Noir. La quatrième de couverture, ma foi fort alléchante nous promet croisements historiques, suspens, piraterie et chasse au trésor. Ce roman, traduit de l’espagnol, démarre par trois histoires qui s’entrecroisent et dont on peine à distinguer les raccords. Cependant le style d’écriture reprenant les grands artifices du thriller nous fait avancer dans le livre à une vitesse insoupçonnée.

Petits chapitres courts, passage d’une histoire à l’autre, d’une époque à l’autre, fin de chapitre nous laissant en attente, bref tout y est !

A tel point que je suis arrivé au milieu de l’ouvrage sans m’en apercevoir, mais petite déception, j’y suis surtout arrivé en réalisant que j’avais toujours l’impression que l’on plantait le décor de l’aventure…

La structure du récit choisie par l’auteur nous entraine sur l’histoire de la vie de trois personnages en des lieux et des époques différentes et tout cela sans aucun lien visible entre eux, même si ce type de récit est assez courant de nos jours, généralement, on retrouve ou devine ce lien assez vite dans l’histoire. Ce n’est pas le cas de ce roman, et si le fil de l’histoire est lié à la confession d’Alvaro de Mendoza à l’aube du XVII eme siècle, on peine à rapprocher Mendoza du scientifique d’ITT au XXème siècle et de Bernardo Orphelin uruguayen élevé chez les jésuites.

Ajoutons à cela que chacun de ces personnages possèdent des rapports un peu spéciaux à la sexualité et donc nous traversons cette histoire en croisant allègrement voyeurs, fétichistes, sodomie, prostituées et supplices du pal … alors je n’ai rien contre ces choix mais la c’est un peu beaucoup, on en finirait par se dire que la « normalité » n’existe plus et cela devient un peu lassant.

Si l’histoire était alléchante, elle souffre d’un peu trop de longueurs, de complexité gratuite,  finalement l’enchevêtrement des trois récits apporte peu, d’autant plus que l’un d’entre eux s’arrête brutalement et donne l’impression d’avoir été ajouté pour la richesse au détriment de la compréhension. Finalement l’objet de l’histoire se dénoue et n’apparait vraiment que dans le dernier quart du livre.

Autant je suis arrivé à la moitié sans m’en rendre compte, autant il a fallu que je m’accroche sérieusement pour passer de la moitié au trois quarts tant j’avais l’impression que cette histoire ne démarrerait jamais, d’ailleurs j’ai passé les trois quarts de l’histoire à chercher à comprendre ce qu’était la sixième ile, pensant ne jamais la voir apparaitre…

Je suis allé au bout de ce livre, qui prometteur toutefois , m’a laissé une sensation trés mitigée, d’histoire non aboutie, ou l’on aurait voulu en faire un peu trop, mais dans laquelle il y avait un bon fond, on se surprend à se dire que ce pourrait être un premier roman qui avec un peu d’expérience et de maturité aurait été alors particulièrement efficace pour nous procurer le plaisir d’une lecture haletante et agréable.

Et pourtant un peu de recherche sur l’auteur nous apprendra qu’il n’en est pas à son coup d’essai, et que c’est désormais une référence du roman noir sud américain, l’histoire de sa vie aide d’ailleurs à comprendre les parcours des personnages sus cités et pourrait donner une lecture différente de l’ouvrage.

En conclusion, la sixième ile est un roman sur lequel je n’ai pas complètement accroché, ce qui n’est d’ailleurs pas la première fois sur des écrits d’origine espagnole ou sud américaine, peut être que ceux ci n’éveillent pas chez moi les mécanismes d’une lecture réussie. A signaler une jolie réussite dans l’écriture de la confession d’Alvaro de Mendoza réalisée en espagnol ancien dans le texte original et trés bien traduite en Français.

La sixième ile par Daniel Chavarria aux éditions Rivages / Noir

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