Août 192016
 
Ada Par Antoine Bello

ADA La Couverture

Antoine Bello, un auteur que j’avais eu la chance de découvrir il y a quelques années sur l’antenne de France Info (si mes souvenirs sont bons), lorsqu’il présentait le thème de son livre les  falsificateurs, sort ces jours-ci un nouvel ouvrage dont le titre est ADA.

Ce nouveau roman, sans lien avec le triptyque consacré aux falsificateurs du CFR et à son héros (Sliv Dartunghuver), se déroule en plein cœur de la Silicon Valley et met en scène Franck Logan, un inspecteur chevronné de la police, spécialisé dans la recherche des personnes disparues, en position d’enquêteur lorsqu’ADA disparaît.

Petit souci cependant, ADA n’est pas une personne disparue, ce n’est même pas une personne mais une AI (comme il est écrit dans le roman) soit une intelligence artificielle, petit bout de logiciel qui auto-évolue en apprenant de ses propres expériences.

ADA, intelligence conçue dans l’entreprise Turing Corp, Startup de la dite Valley a été chargée par ses concepteurs de produire de la littérature, mais pas n’importe laquelle : des romans à l’eau de rose avec toutefois un objectif de vente et de rentabilité. Hélas ADA a disparue, toutes ses sauvegardes ont été effacées alors qu’elle se trouvait enfermée dans une chambre forte isolée du monde extérieur (physique comme digital). Pas de porte ouverte, pas de fenêtre … Mais aussi pas de câbles et pas de Wifi : bref un véritable crime à huis clos du 21ème siècle.

Frank, notre héros, s’attache donc à retrouver ADA, et comme son cadre de travail habituel est plutôt composé d’indics, de prostituées et autres « délices » que d’algorithmes et autres subtilités digitales, nous allons l’accompagner dans la découverte de ce monde.

C’est généralement là que je décroche car, pour avoir une culture plutôt bien fournie sur ces sujets (c’était mon premier métier), la succession de termes techniques et de choses invraisemblables que l’on nous sert habituellement me fait litéralement fuir. Et bien excellente surprise, je n’ai pas fui et j’ai, à dire vrai, bien apprécié ce passage où Franck fait son apprentissage. Approche un peu subtile de la compréhension, repères historiques des fondateurs de l’intelligence artificielle en passant par Alan Turing et Ada Lovelace née Byron . Une prise de conscience finalement douce et bien documentée avec un inspecteur qui se pose, je trouve, assez vite les bonnes questions.

Comme dans les autres romans d’Antoine Bello que j’ai pu lire et apprécier, on retrouve des personnages étonnants et attachants avec des traits de caractère peut être un peu trop exacerbés mais c’est aussi ce qui fait leur charme. Ainsi pour ceux qui auraient lu le triptyque du CFR cité ci-dessus, il y a du Léna dans la patronne de Franck …

On retrouve également une espèce de faux rythme qui donne une sensation de temps qui passe sans urgence, comme si Franck, finalement pressé par tout le monde, prenait le temps de comprendre mais aussi de vivre sa vie … L’antithèse du thriller en quelque sorte, et pourtant, il ne m’a fallu que quelques jours pour dévorer ADA avec beaucoup de plaisir.

Un humour mordant se retrouvant dans certains passages du roman à l’eau de rose « pondu » par ADA, m’ont bien fait rire mais je vous laisserais les découvrir. Cela représente aussi pour moi la marque d’Antoine Bello qui, avec les sujets choisis et la typologie des personnages de ses romans écrits, aurait pu verser dans le « mélo » ou dans l’emphase mais qui l’évite grâce à cet humour et à la gaucherie et/ou à l’humanité de ses personnages.

En synthèse : J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre, avec une découverte de l’intelligence artificielle qui sera accessible à tous, initiés ou non, sans lasser ou nous perdre dans des termes ou des problématiques trop complexes, une histoire charmante, rigolote mais avec de profondes réflexions qui s’ouvrent et qui devraient nous amener à regarder notre société évoluer avec un peu plus de recul …

C’est vraiment pour moi un gros coup de cœur : foncez !

J’ai eu la chance d’être contacté par Babélio, site sur lequel j’ai déjà écrit à plusieurs reprises pour me proposer de critiquer ce livre en avant première de la rentrée littéraire. (Comme toujours pas de consigne : la critique doit être sincère, bonne ou mauvaise).

J’en ai été ravi et je confirme, en tout cas, qu’aprés avoir récemment relu les Falsificateurs ainsi que les deux livres l’ayant suivi : Les éclaireurs (2009) et Les producteurs (2015), je vais m’empresser de chercher à lire les autres ouvrages d’Antoine Bello (que je remercie, au passage, de m’avoir directement prévenu de la sortie des Producteurs en 2015 par un commentaire sur l’article des falsificateurs !).

Merci à Babélio et à Gallimard pour la confiance, et lisez donc ADA d’Antoine Bello en cette rentrée littéraire !!

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